Je vais dire tout haut ce que je ressens : je n'ai plus le goût de vivre. J'ai tellement perdu ces derniers mois, dernières années, j'ai peine à faire mes deuils. Pendant ce temps, d'autres deuils s'ajoutent.
Mes journées sont répétitives et monotones. Même mes soirs sont de moins en moins intéressants. Des comédies qui avant me faisaient rires aux larmes ont maintenant peine a me tirer un sourire. Je décroche des intrigues de mes séries policières. Le goût de résoudre l'enquête avant les policiers a disparu.
Je ne lis plus. Ma concertation est nulle. Je dois recommencer de courts articles de revues car ma tête part toujours ailleurs.
La musique me ramène soit à des périodes de bonheur qui me rappellent cruellement tout ce que j'ai perdu, soit à des périodes difficiles, ce qui exacerbe mon état.
Je ne sors que pour l'épicerie désormais. Nulle part d'autre ou aller. Pas motivé pour en trouver.
Le moins de café en ville possible. le cash avant tout.
Aller prendre des marches me ramène plus souvent qu'autrement à ce que j'ai perdu, ce à quoi je n'aurai jamais accès.
Ma situation financière s'est détérioré depuis qu'on a remplacé un dépôt mensuel par un dépôt aux quatre mois. Pendant ce temps tout augmente.
Mon ordinateur ne durera plus très longtemps, mais de toute façon, il ne me sert plus à grand chose. Jai récemment perdu de nombreux documentaires et séries télé suite à un gaffe de ma part. J'ai d'abords voulu récupérer ce que j'avais perdu. Puis j'ai réalise que je gardais ces émissions et documentaires au cas où je pourrais les revoir en compagnie de quelqu'un. Or je n'ai personne. Les personnes bilingues avec les même intérêts que moi sont rares. Donc les documentaires, pas un grosse perte. De plus, je n'ai plus accès aux sites que j'aimais et grâce auxquels je pouvais me changer les idées.
Mon appartement écope, bien entendu. Pourquoi faire du ménage? C'est pas comme si je recevais de la visite régulièrement.
Vous savez, c'est vraiment pas la vie à laquelle je m'attendais après avoir pris soins de maman. Je ne m'attendais pas à une vie de pacha, mais bon dieu, il me semble que je méritais tout au moins sérénité et confort minimal. En ce qui me concerne, soit le karma n'existe que pour punir, soit il n'existe pas. Ou bien j'ai été le roi des salauds toute ma vie, on me l'a jamais dis et je paye pour aujourd'hui.
En même temps, quand je regarde ma vie, il n'y a que 3 choses dont je suis fier. Avoir pris soins de ma mère , mon bilinguisme et mon humour. On m'a demandé dernièrement pourquoi je me déprécie toujours.
Ben voila : à l'adolescence, un de mes frère m'a pris à part pour un sermonnage intense me disant que j'étais tête enflé, que je me prenais pour un autre et que de plus en plus de gens me détestaient à cause de ça. Alors l'ado impressionnable que j'étais a paniqué. Et comme je suis souvent dans les extrêmes, ben je me suis mis à l'humilité extrême. On ne perd pas un habitude de 45 ans en quelques sessions de thérapie.
Le plus difficile dans tout ça est que je sais que rien ne changera. Rien. Mes finances n'augmenteront jamais au point d'atteindre le montant dont j'aurais besoin pour vivre au lieu de survivre. Toutefois je ferai plus d'effort pour ne plus emprunter.
Coté ordinateur ça n'ira pas mieux non plus. Je ne peux que souhaiter qu'il demeure fonctionnel, même si moins puissant.
J'aurai beau prendre tout les médicaments qu'il faut, rien ne changera le fait que je vais continuer à faire face a de longues journées monotones dès mon levé. Oh ils me donneront peut-être un peu de bonne humeur, mais ce ne sera qu'une façade, un bonheur artificielle au même type que la marijuana, une autre béquille pour faire croire que je vais bien. Et y'a pas aucune thérapie qui pourra m'aider de ce côté. Je vis tout ça seul...et ça non plus ca ne changera pas.
Vais-je me suicider? Non. Ben trop pissoux. Mais sil fallait que j'entre à l'hôpital pour quelque chose de grave, je signerais un demande de non réanimation. Pour le moment, je reste en survie et j'attend la mort.
Quelques petits points important :
- Non je ne veux pas d'argent.
- Non je ne veux pas un autre ordinateur.
- Ne saluez plus ma fameuse résilience. Elle a laissé sa place à la résignation.
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