mercredi 30 janvier 2019

Pourquoi Bell Cause est aussi ma cause.

Juillet 2013, ma mère vient tout juste de décéder et un long et pénible deuil s’ajoute à une dépression qui me hantait depuis plusieurs années déjà.  Difficile de ne pas sombrer dans la dépression quand on sait qu’on mène un combat perdu d’avance pour un être aimé et c’était bel et bien ce que je faisais depuis plus de 5 ans, 24 heures sur 24, 7 jours/semaine.  Croire que ma mère aurait pu prendre du mieux malgré tous les maux dont elle souffrait aurait été naïf de ma part.
Les années qui suivirent furent très difficiles.  Je devais me trouver un autre appartement, un emploi, vivre mon deuil et soigner ma dépression.  J’ai failli ne pas y arriver. En perdant ma mère dont j’étais le proche aidant, j’ai aussi perdu ma raison d’être.  J’ai vécu pendant plus de 5 ans en totale abnégation. Christian n’existait que pour prendre soin de sa maman. Le concept de prendre soin de moi-même m’était presque devenu étranger (il équivalait à de l’égoïsme, tout simplement).
Ce n’est pas un secret, j’ai considéré le suicide à plus d’une occasion.  Je me souviens d’un jour où j’avais devant moi mon cellulaire et un exacto et j’hésitais entre les deux.  J’ai choisi le cellulaire, mais tout en gardant très longtemps l’exacto à portée de main.

J’ai décidé de me battre malgré cette question qui me taraudait constamment : pourquoi suis-je encore ici?  J’ai fais ce que je devais faire, j’ai pris soin de ma mère jusqu’à la toute fin, alors pourquoi rester? Je vous l’avoue, cette question je me la pose encore et je n’ai toujours pas trouvé de réponse, du moins pour le moment.   Tout ce que je sais c’est qu’une petite voix m’encourage à continuer et je préfère l’écouter plus qu’écouter mes pulsions plus sombres.

Je vis maintenant en me disant que je mérite les petits bonheurs que je trouve sur ma route.  Je me laisse un peu porter par le destin et pour le moment, j’aime la route qu’il me trace. Je continue à écrire mes jokes sur Twitter et Facebook et même si je suis conscient que je n’ai pas le talent de nos humoristes et scripts, il m’arrive parfois de viser juste et de vous faire rire, de vous faire oublier vos problèmes, ne serait-ce que pour quelques minutes et pour le moment, c’est ma raison d’être et ça me convient amplement.

Chris Paquet

mardi 10 juillet 2018

Je Suis un Arbre


Je suis un arbre
Toi, mon frère arbre, tu me voyais pousser
Espérant que comme toi
Je devienne un beau meuble luxueux
Capitonné, couvert de riches cuirs et tissus tout orné d'or

Au lieu de cela, je suis devenu simple bâton et je t'ai déçu
Je suis devenu simple bâton et tu ne me regardes plus
Tu n'as jamais remarqué que suis devenu un solide manche de pelle
Tu n'as jamais remarqué que grâce à moi, cette pelle a accompli de bien bonnes choses.

Elle a dépris des gens empêtrés
Elle a tracé des chemins pour les âmes égarées
Elle a creusé des puits pour abreuver des familles
Elle a creusé les fondations de quelques maisons
Elle a creusé des fosses pour enterrer des êtres aimés en dignité

Mais plus encore, oui plus encore
Elle a creusé des trous où ont été plantés d'autres arbres afin qu'on puisse faire
Oui, d'autres bâtons, mais aussi d'autres meubles luxueux, comme toi

Non, je ne suis pas devenu ce que tu espérais
Je suis devenu plus que ce que tu aurais même pu imaginé.
Et tout capitonné, couvert de riches cuirs et orné d'or
Tu ne le verras jamais.

mercredi 27 juin 2018

Montréal, tu m'as fait mal.

Montréal, tu m'as fait mal.

J'avais tant d'espoir qu'on serait ensemble cet été que certains jours, je dansais joue contre joue avec la certitude.

 
Et j'ai essayé, oui j'ai tout essayé, humour, travail de bureau, fonction publique, 
service à la clientèle, je t'ai envoyé des CV comme un amant fou envoie des lettres d'amour.  
Tu m'as à peine remarqué, daignant parfois de timides "bonjour", "non merci" et "Christian, t'es fin, mais j'préfère qu'on reste amis".

Je me voyais passant mes soirées avec toi, partageant un p'tit café rue St-Denis ou Avenue Mont-Royal pour ensuite retourner à mon petit appartement tranquille, saluant le voisinage d'un sourire de satisfaction.  En bon montréalais, je m'entendais aussi parfois sacrer contre ton Métro en panne, tes rues bloquées et tes nombreux détours.


Je me voyais souvent méandrant au travers de tes nombreux Festivals, participant à ton économie en dépensant ma petite paye en livres, musique et maintes sorties.

Je me voyais travaillant dans le domaine de l'humour, mais lui non plus n'a pas voulu de moi.  Je ne lui en veux pas (ok, je ne lui en veux pas trop...)  J'ai un certain talent, mais avec l'École Nationale de l'Humour, c'est pas le talent qui manque.  Encore quelques années il y aura probablement parité: un script/humoriste pour chaque membre du public.  Le milieu est contingenté et il faut savoir se faire un nom, savoir se démarquer et il semble me manquer ce petit quelque chose que possèdent ceux et celles qui en font carrière.  Quelques bons punchs de temps à autres sur Twitter, c'est bien, mais puncher dans le mille à tout coup, c'est mieux, je le réalise bien, n'aie crainte.

Alors Montréal, j'espère que tu comprendras si pendant quelques temps je me tiendrai loin de toi et de tes attraits.  Pas de visite cette année, ne serait-ce que pour une journée.  Ce serait comme visiter une femme que j'aime alors qu'elle file le parfait bonheur avec son nouvel amant.

À un de ces quatre, peut-être...

Montréal, tu n'as pas voulu de moi et tu m'as fait mal.

lundi 30 avril 2018

En guise d'explication

     Certains d'entre vous on sûrement trouvé ma réaction des derniers jours un peu intense.  Elle l'était.  Le fait est que je suis un hypersensible et que j'ai encore parfois des épisodes dépressifs.  Une combinaison qui n'est pas exactement facile à gérer, croyez-moi.  Le résultat est le suivant : ce qui serait une simple déception pour la plupart d'entre vous est multiplié par 10 en ce qui me concerne.
     Je sais que je pourrais demander à mon médecin d'ajuster mes médicaments afin que ça n'arrive plus, mais voilà, je préfère passer par ces moments très pénibles plutôt qu'être tellement "geler" que j'en oublierais les bons.  De plus même si mon hypersensibilité me joue des tours, elle me permet aussi d'être un ami qui a de l'écoute et je ne voudrais perdre ça pour rien au monde.

samedi 20 janvier 2018

Trump : a year in power

Trump has been in power for a year and what have we learned?

  • That world leaders with bad haircuts are usually trigger-happy dumbfucks.
  • That the White house has never been so white.
  • That your neighbor Fred can sing... Ok, he can chant right wing white supremacist slogans, actually.
  • That scandals will get you in the White House but won't necessarily get you out of it.
  • That “shithole” is now a geography term.
  • That world war III is no longer something you hear about in sci-fi movies or sci-fi novels .
  • That a lie is no longer something that is wrong or erroneous, but simply something the President doesn't like.
  • That just when you think the President can't do/say anything worse, he usually does.
    Finally, the only really positive thing in this list:
  • That Women can really kick ass (or should I say balls?) #MeToo

dimanche 31 décembre 2017

Au revoir et merci 2017! Salut 2018!

     Ben voilà, 2017 tu tires à ta fin et j'avais un peu hâte de te voir partir.  Non pas que tu fus mauvaise, tout le contraire.  Tu a été l'année de ma guérison, mon deuil de ma mère s'étant terminé et j'ai enfin gagné ma bataille contre la dépression.  2017 marqua donc le retour du bon vieux Christian avec son humour omniprésent et rapide et ses quelques défauts (pour atténuer la perfection, que voulez-vous...).  
  
     Certains salueront ma résilience et je les remercie, mais je n'ai pas mené ce combat seul.  J'étais bien entouré.  Tout d'abord par la superbe gang de la Librairie Pantoute qui m'ont patiemment permis de redevenir le Christian d'avant.  Victoria, Marc-Antoine, Donald, Ghislaine, Fernande, Marie-Andrée et le reste de l'équipe, je ne vous remercierai jamais assez.  Non seulement m'avez-vous sauvé la vie, d'une certaine façon, vous me l'avez aussi redonné.

     J'étais aussi bien entouré dans ma famille.  Frères, neveux, nièces et cousines ont aussi joué un rôle dans mon cheminement de 2017.

     Et quoiq'on dise des réseaux sociaux, ils ont souvent du bon à offrir.  Pour moi ce fut des amis(es) comme Diane, Lucie, Judes, Mathieu, Nicolas, Jean-François, Tita et Bianca (pour ne nommer qu'eux...) qui étaient là, toujours avec de bons mots, autant quand ça allait bien que quand ça allait moins.  À ces merveilleuses personnes s'ajoutent les Véro (ton "Fais le" a été le coup de pied au derrière dont j'avais besoin!), Louis, Martin (même sans ENH, maintenant j'y crois), Julie, Daniel, Isabelle, Marie-Soleil, France, Vincent, Marie et François (encore une fois pour ne nommer qu'eux...) C'est en grosse partie grâce à vous si je termine 2017 sur une si note si positive. Le fait que vous ayez cru en moi a fait en sorte que je crois maintenant en moi-même.

    Alors oui, 2017 tu fus bonne pour moi, mais 2018 arrive et je sens une fébrilité (et un peu de peur, je l'avoue humblement) monter en moi.  Car en 2018, je quitterai Québec pour Montréal afin d'y tenter ma chance et devenir script en humour.  J'en rêve depuis si longtemps et même si il y a des risques que je me plante, je pourrai au moins dire que j'aurai essayé.

     Je vous souhaite, à vous qui lisez ceci, une belle et bonne année 2018.  Bonheur, tranquillité, de bons moments en famille et entre amis(es) et je nous souhaite à tous et à toutes la paix dans tout les sens du terme. On la mérite bien.

Christian Paquet
31 décembre 2017

jeudi 23 novembre 2017

La grosse décision...

Bon ben voilà, y'a quelques semaines je vous disais avoir pris une grosse décision, la voici:
Fin janvier, je quitterai mon emploi à la librairie Pantoute afin de pouvoir déménager à Montréal et si possible réorienter ma carrière vers d'autres avenues professionnelles.
Je l'avoue, j'ai la chienne. Ai-je pris la bonne décision? J'aurais peut-être dû attendre un peu, etc. C'est difficile à 52 ans de quitter le confort et la sécurité, mais j'y peux rien, quelque chose en moi m'y pousse. Si j'me casse la gueule, je pourrai au moins dire que j'ai essayé plutôt que vivre le restant de mes jours avec un sentiment de regret.
Est-ce que je vais me péter la gueule? Possible. Mais il est aussi possible que non. Présentement mes chances sont 50/50, selon moi. Chose certaine, j'assume entièrement mon choix.
Je tiens à préciser que je ne quitte pas la librairie en colère, ni en chicane (tout le contraire). Les gens qui y travaille sont extraordinaires. Ils ont tous et toutes été d'une grande patience vis-à-vis moi (car soyons francs, j'suis pas un gars très facile à gérer) et ils m'ont aidé à guérir de bien des façons. Je leur en serai éternellement reconnaissant.

Dernière fois que je vous dérange.

Tous les jours sont maintenant longs, lourds et pénibles. Ma routine va comme suit : Je me lève vers 9-10 heures.  Je joue à un jeu sur mon ...