samedi 31 août 2019

Automne

Je vois l'automne qui se pointe le nez
Fidèle au poste, à son calendrier
Il amène avec lui ses couleurs si jolies
Et sa douce mélancolie

Encore une fois nous marcherons ensemble un peu
Côte à côte ou à la queue-leu-leu
Revisitant des jours souvent plus heureux
Ornés de mes nombreux nous deux

Les feuilles dorées me rappelleront les chevelures
de mes amours farouches
Celles aux tons de rouge
me rappelleront leurs délicieuses bouches

Je sourirai au ciel azur, à mes proches perdus
Ressentant leur absence douce-amère
Mon frère, mon père, ma mère
Partis trop tôt découvrir l'inconnu 

Le vent soufflera les feuilles qui improviseront
un danse sur sa douce chanson
Que j'accompagnerai de quelques longs soupirs
muets et profonds

Je vois l'automne qui se pointe le nez
Comme il le fait depuis que je suis né
Amenant avec lui couleurs, souvenirs 
Amours et amis

Me rappelant que oui parfois la vie me sourit

dimanche 28 juillet 2019

     

Aujourd’hui, ma mère aurait eu 90 ans et en soulignant ce fait, je réalise que cette année je n’ai pas souligné son décès.  Et c’est bien ainsi. Je m’explique.

Voyez-vous, ma mère était une “bonne vivante”.  Elle aimait être entourée de gens, elle aimait jaser, elle aimait la bonne bouffe et elle aimait rire.  Dieu qu’elle aimait rire! Elle souriait presque tout le temps, ce qui m’a d’ailleurs causé problème lorsque j’étais son proche aidant.  Imaginez la scène:

J’appelle l’ambulance parce que maman ne va pas bien du tout.  Les ambulanciers arrivent et maman les accueille avec un magnifique sourire resplendissant.  Les ambulanciers me regardent et me demandent “Vous êtes certain qu’elle est malade?”   

Je vous jure, c’est arrivé à plusieurs occasions.

Y’a pas longtemps, quelqu’un m’a dit que sur une des dernières photos de ma mère, elle dégageait une belle sérénité.  C’est vrai. Elle avait même atteint un niveau de sagesse qui est encore hors de ma portée et que je doute pouvoir même approcher un jour.  Je me souviens que lorsque l’oncologue nous a annoncé qu’elle avait un cancer et que ses jours étaient comptés, je l’ai pris plutôt mal alors que maman a encaissé la nouvelle de façon stoïque.  Tellement que je doutais même qu’elle ait bien entendu le terrible diagnostic. Lorsque je lui ai expliqué ce que le médecin venait de dire (cancer du foie, environs 2 ans - 3 peut-être à vivre), elle s’est tourné vers moi et m’a dit ceci :

Christian, j’ai entendu et j’ai compris.  Mais j’ai 84 ans. J’ai eu une bonne vie. J’ai été heureuse avec ton père, on a eu 4 beaux enfants qui nous ont donné plein de p’tits-enfants et d’arrières-petits-enfants.  J’ai voyagé, j’ai profité de la vie, j’peux pas me plaindre. C’est pas grave que ça finisse un jour tu sais…


J’suis resté bouche bée.  Que pouvais-je ajouter? Elle avait raison.

Et c'est cette anecdote qui me ramène au fait que je souligne aujourd’hui la naissance de Céline Paquet (née Kirouac) le 28 juillet 1929 et que c’est ben correct de ne pas avoir souligné son décès.  Car ce qu’il faut se rappeler de ma maman bien aimée, ce n’est pas qu’elle soit décédée, mais bel et bien qu’elle ait vécu.

Bonne fête mom!
J’t’aime!

dimanche 16 juin 2019

Tu ne m'appelleras jamais papa

Tu ne m’appelleras jamais papa
Je ne tiendrai jamais dans ma main tes p’tits doigts
Je ne verrai jamais tes beaux sourires
N’entendrai jamais tes doux fou-rire

Je ne becquerai jamais tes p’tits bobos
Je ne verrai jamais tes dessins si beaux
Je ne t'emmènerai jamais à l’école
N’entrerai jamais dans les jeux de ton imagination folle

Je ne verrai jamais ta première peine d’amour
Ne te dirai jamais qu'amour ne rime pas tout l'temps avec toujours
Et qu’il faut croire qu’il arrivera un jour
Quand tu t’y attendras le moins, dans l’détour

Je ne te verrai jamais aller à ta première job
Je ne te soutiendrai jamais quand le bonheur fera son snob
Je ne t’expliquerai jamais ce qu’est la vie
Comment les p’tits bonheurs se cachent souvent parmi les gros soucis

Je ne te verrai jamais faire ton long chemin
Tu ne verras jamais la fierté dans mes yeux de te voir créer ton destin
Je ne te verrai jamais avoir ta propre famille
Je ne tiendrai jamais dans mes bras ma petite-fille

Tu ne m’appelleras jamais papa
Je ne tiendrai jamais dans ma main tes p’tits doigts
Le destin n’a pas voulu que je sois père
Mais si seulement je pouvais revenir en arrière….

mercredi 30 janvier 2019

Pourquoi Bell Cause est aussi ma cause.

Juillet 2013, ma mère vient tout juste de décéder et un long et pénible deuil s’ajoute à une dépression qui me hantait depuis plusieurs années déjà.  Difficile de ne pas sombrer dans la dépression quand on sait qu’on mène un combat perdu d’avance pour un être aimé et c’était bel et bien ce que je faisais depuis plus de 5 ans, 24 heures sur 24, 7 jours/semaine.  Croire que ma mère aurait pu prendre du mieux malgré tous les maux dont elle souffrait aurait été naïf de ma part.
Les années qui suivirent furent très difficiles.  Je devais me trouver un autre appartement, un emploi, vivre mon deuil et soigner ma dépression.  J’ai failli ne pas y arriver. En perdant ma mère dont j’étais le proche aidant, j’ai aussi perdu ma raison d’être.  J’ai vécu pendant plus de 5 ans en totale abnégation. Christian n’existait que pour prendre soin de sa maman. Le concept de prendre soin de moi-même m’était presque devenu étranger (il équivalait à de l’égoïsme, tout simplement).
Ce n’est pas un secret, j’ai considéré le suicide à plus d’une occasion.  Je me souviens d’un jour où j’avais devant moi mon cellulaire et un exacto et j’hésitais entre les deux.  J’ai choisi le cellulaire, mais tout en gardant très longtemps l’exacto à portée de main.

J’ai décidé de me battre malgré cette question qui me taraudait constamment : pourquoi suis-je encore ici?  J’ai fais ce que je devais faire, j’ai pris soin de ma mère jusqu’à la toute fin, alors pourquoi rester? Je vous l’avoue, cette question je me la pose encore et je n’ai toujours pas trouvé de réponse, du moins pour le moment.   Tout ce que je sais c’est qu’une petite voix m’encourage à continuer et je préfère l’écouter plus qu’écouter mes pulsions plus sombres.

Je vis maintenant en me disant que je mérite les petits bonheurs que je trouve sur ma route.  Je me laisse un peu porter par le destin et pour le moment, j’aime la route qu’il me trace. Je continue à écrire mes jokes sur Twitter et Facebook et même si je suis conscient que je n’ai pas le talent de nos humoristes et scripts, il m’arrive parfois de viser juste et de vous faire rire, de vous faire oublier vos problèmes, ne serait-ce que pour quelques minutes et pour le moment, c’est ma raison d’être et ça me convient amplement.

Chris Paquet

mardi 10 juillet 2018

Je Suis un Arbre


Je suis un arbre
Toi, mon frère arbre, tu me voyais pousser
Espérant que comme toi
Je devienne un beau meuble luxueux
Capitonné, couvert de riches cuirs et tissus tout orné d'or

Au lieu de cela, je suis devenu simple bâton et je t'ai déçu
Je suis devenu simple bâton et tu ne me regardes plus
Tu n'as jamais remarqué que suis devenu un solide manche de pelle
Tu n'as jamais remarqué que grâce à moi, cette pelle a accompli de bien bonnes choses.

Elle a dépris des gens empêtrés
Elle a tracé des chemins pour les âmes égarées
Elle a creusé des puits pour abreuver des familles
Elle a creusé les fondations de quelques maisons
Elle a creusé des fosses pour enterrer des êtres aimés en dignité

Mais plus encore, oui plus encore
Elle a creusé des trous où ont été plantés d'autres arbres afin qu'on puisse faire
Oui, d'autres bâtons, mais aussi d'autres meubles luxueux, comme toi

Non, je ne suis pas devenu ce que tu espérais
Je suis devenu plus que ce que tu aurais même pu imaginé.
Et tout capitonné, couvert de riches cuirs et orné d'or
Tu ne le verras jamais.

mercredi 27 juin 2018

Montréal, tu m'as fait mal.

Montréal, tu m'as fait mal.

J'avais tant d'espoir qu'on serait ensemble cet été que certains jours, je dansais joue contre joue avec la certitude.

 
Et j'ai essayé, oui j'ai tout essayé, humour, travail de bureau, fonction publique, 
service à la clientèle, je t'ai envoyé des CV comme un amant fou envoie des lettres d'amour.  
Tu m'as à peine remarqué, daignant parfois de timides "bonjour", "non merci" et "Christian, t'es fin, mais j'préfère qu'on reste amis".

Je me voyais passant mes soirées avec toi, partageant un p'tit café rue St-Denis ou Avenue Mont-Royal pour ensuite retourner à mon petit appartement tranquille, saluant le voisinage d'un sourire de satisfaction.  En bon montréalais, je m'entendais aussi parfois sacrer contre ton Métro en panne, tes rues bloquées et tes nombreux détours.


Je me voyais souvent méandrant au travers de tes nombreux Festivals, participant à ton économie en dépensant ma petite paye en livres, musique et maintes sorties.

Je me voyais travaillant dans le domaine de l'humour, mais lui non plus n'a pas voulu de moi.  Je ne lui en veux pas (ok, je ne lui en veux pas trop...)  J'ai un certain talent, mais avec l'École Nationale de l'Humour, c'est pas le talent qui manque.  Encore quelques années il y aura probablement parité: un script/humoriste pour chaque membre du public.  Le milieu est contingenté et il faut savoir se faire un nom, savoir se démarquer et il semble me manquer ce petit quelque chose que possèdent ceux et celles qui en font carrière.  Quelques bons punchs de temps à autres sur Twitter, c'est bien, mais puncher dans le mille à tout coup, c'est mieux, je le réalise bien, n'aie crainte.

Alors Montréal, j'espère que tu comprendras si pendant quelques temps je me tiendrai loin de toi et de tes attraits.  Pas de visite cette année, ne serait-ce que pour une journée.  Ce serait comme visiter une femme que j'aime alors qu'elle file le parfait bonheur avec son nouvel amant.

À un de ces quatre, peut-être...

Montréal, tu n'as pas voulu de moi et tu m'as fait mal.

lundi 30 avril 2018

En guise d'explication

     Certains d'entre vous on sûrement trouvé ma réaction des derniers jours un peu intense.  Elle l'était.  Le fait est que je suis un hypersensible et que j'ai encore parfois des épisodes dépressifs.  Une combinaison qui n'est pas exactement facile à gérer, croyez-moi.  Le résultat est le suivant : ce qui serait une simple déception pour la plupart d'entre vous est multiplié par 10 en ce qui me concerne.
     Je sais que je pourrais demander à mon médecin d'ajuster mes médicaments afin que ça n'arrive plus, mais voilà, je préfère passer par ces moments très pénibles plutôt qu'être tellement "geler" que j'en oublierais les bons.  De plus même si mon hypersensibilité me joue des tours, elle me permet aussi d'être un ami qui a de l'écoute et je ne voudrais perdre ça pour rien au monde.

Dernière fois que je vous dérange.

Tous les jours sont maintenant longs, lourds et pénibles. Ma routine va comme suit : Je me lève vers 9-10 heures.  Je joue à un jeu sur mon ...